Le portrait d’une famille

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Depuis cinq siècles, la famille d’Arenberg défend ses titres de noblesse. Avec des membres portant des sobriquets tels que 'Gueux de mer' ou 'Sanglier des Ardennes', elle fascine et fait rêver. Mais qui étaient en fait ces personnalités d’exception? Découvrez la maison d’Arenberg et son passé prestigieux grâce à quelques portraits superbes.

                      
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Jean de Ligne © KU Leuven, Patrimoine artistique - photo Bruno Vandermeulen
                  


L’histoire de la lignée d’Arenberg commence dans un petit château familial à proximité de la bourgade d’Arenberg sur une colline de l’Eifel allemand. En 1547, la seigneurie d’Arenberg passa aux mains de Jean de Ligne (1525-1568) avec son mariage avec Marguerite de la Marck-Arenberg (1527-1599).

Le contrat de mariage stipulait que Jean reprendrait le nom et les armoiries d’Arenberg de Marguerite de la Marck. Les enfants porteraient eux aussi le nom d’Arenberg.

                      
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Portrait de famille © KU Leuven, Patrimoine artistique - photo Bruno Vandermeulen
                  

Vous voyez à droite une pièce capitale de l’histoire de la lignée, le portrait de famille de Charles d’Arenberg et Anne de Croÿ. Charles d’Arenberg (1550 - 1616) était le fils de Jean de Ligne et de Marguerite de la Marck. Par son mariage avec Anne de Croÿ (1564 - 1635), les Arenberg sont arrivés à Leuven. Le frère d’Anne, Charles de Croÿ (1560-1612), resta en effet sans descendance, et les Arenberg héritèrent donc toutes les possessions de la famille de Croÿ à Heverlee. C’est le début de cinq siècles de présence d’Arenberg à Leuven.

Le prince-comte Charles d’Arenberg s’est fait représenter ici de plain-pied comme un fier chef de famille avec son épouse et leur cinq premiers enfants. En fin de compte, ils en ont eu douze. Le prince-comte porte autour du cou le collier de l’Ordre de la Toison d’Or.

                      
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Portrait équestre d'Albert d'Arenberg © KU Leuven, Patrimoine artistique - photo Bruno Vandermeulen
                  


Sur cet imposant portrait équestre, vous voyez le prince Albert de Ligne, prince d’Arenberg et de Barbançon (1600-1674). Il est le neveu de Charles d’Arenberg et d’Anne de Croÿ et le petit-fils de Jean de Ligne et de Marguerite de la Marck. Le peintre Antoine van Dyck l’a immortalisé comme commandant revêtu de la cuirasse. Son leadership est souligné par la posture de dressage perfectionnée de son cheval.

Albert de Ligne était l’un des principaux stratèges au service de l’Espagne pendant la Guerre de Trente Ans. Il portait également de nombreux titres. Il était ainsi capitaine général de l’artillerie et exerçait la fonction de gouverneur de Namur. Il avait été fait chevalier de l’Ordre de la Toison d’Or, dont il porte d’ailleurs ici le collier.

                      
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Charles-Eugène d’Arenberg © KU Leuven, Patrimoine artistique - photo Bruno Vandermeulen
                  


Philippe-François, le petit-fils de Charles d’Arenberg et d’Anne de Croÿ, reçoit en 1644 le titre de duc d’Arenberg. Lui succède son demi-frère Charles-Eugène d’Arenberg (1633-1681), qui devient ainsi le second duc d’Arenberg. Cet homme militaire des Pays-Bas méridionaux était destiné à l’origine à l’état ecclésiastique et à une carrière dans l’Église. Mais lorsque les enfants de son demi-frère moururent, il retourna à l’état séculier et opta pour la carrière des armes.

Comme il convient à un véritable Arenberg, il se fit représenter fièrement comme un homme de guerre. Son mariage avec Marie-Henriette de Cusance (1624-1701) assure un agrandissement du duché. Elle décède en 1701 à Heverlee.

                      
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Léopold-Philippe d’Arenberg © KU Leuven, Patrimoine artistique - photo Bruno Vandermeulen
                  


Vous voyez ci-contre un portrait du fils de Philippe-Charles, Léopold-Philippe d’Arenberg (1690-1754). Après la mort de son père Philippe-Charles d’Arenberg (1663-1691) dans la Grande Guerre contre les Turcs, il doit devenir très rapidement adulte. Dès dix ans, il est chevalier de l’Ordre de la Toison d’Or. Tout comme ses ancêtres, c’est un véritable bagarreur, mais Léopold-Philippe était également un homme cultivé.

Il accueillit le poète Jean-Baptiste Rousseau lorsque celui-ci dut s’exiler et fut également en bons termes avec Voltaire et son amie Émilie du Châtelet. La brouille entre ces deux philosophes éclairés, à partir de la Guerre de Succession d’Autriche, fut donc pour Léopold-Philippe une affaire regrettable.

                      
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Jan Antoon de Vaere, Louis-Engelbert d’Arenberg © Londres, Victoria & Albert Museum
                  


Louis-Engelbert d’Arenberg est entré dans l’histoire comme 'Le Duc Aveugle'. En 1775, sa vie prit en effet un tournant imprévu. Au cours d’une partie de chasse dans le parc d’Enghien, son ami Lord Gordon, l’ambassadeur anglais, tira dans la direction d’une haie sur un perdreau. Il n’y avait pas de perdreau derrière la haie, mais bien le duc, qui reçut les plombs dans le visage et devint aveugle pour le reste de sa vie.

Mais Louis-Engelbert ne se résigna pas à son triste sort. Avec le même enthousiasme, il continua à monter à cheval, à chasser, à voyager et à fréquenter les théâtres. Comme mécène, il encouragea les développements scientifiques et techniques, mais commanda également de nombreuses œuvres d’art. Il fit ainsi sculpter ce buste qui le représente, lors de son voyage à Rome.

                      
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Gyula Benczúr, Hedwige de Ligne © KU Leuven, Patrimoine artistique - photo Bruno Vandermeulen
                  


La duchesse Hedwige de Ligne (1877-1938) est l’épouse d’Engelbert-Marie d’Arenberg (1872-1949). Ils sont les derniers occupants du château d’Arenberg. Le duc Engelbert-Marie d’Arenberg favorise également les sciences. Grâce à lui, nous pouvons profiter aujourd’hui du centre d’art STUK, l’ancien laboratoire de chimie de l’université de Leuven.

Son épouse est une femme très sûre d’elle, comme on peut le remarquer à son portrait. Elle aime les vêtements modernes et adopte un style de vie raffiné. Elle est ainsi un hôte fort apprécie dans les milieux de la haute société.

                      
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Franz Ehrenhöfer, Princesse Lydia d'Arenberg © Jean-Louis Torsin - KIK-IRPA
                  


Leur fille est la princesse Lydia d’Arenberg (1905-1977). Grâce à son appartenance à la haute noblesse, elle peut épouser le prince Philibert de Savoie (1895-1990), un membre de la famille royale italienne. Lydia a passé une grande partie d’une jeunesse heureuse à Heverlee, où elle était fort appréciée par la population.

Tout comme son père, elle fait preuve d’un grand intérêt pour l’histoire de sa famille. Après son décès, l’artiste Harry Elström a réalisé une figure en relief en l’honneur de la princesse. Le mémorial fut inauguré le 4 octobre 1980 à l’occasion du centenaire de l’église Saint-Lambert avec un concert de la Chorale d’Arenberg dans le château d’Heverlee.